La gestion active/passive & le développement des OPC
Dans l’article de cette semaine nous traiterons de la gestion Active/Passive et du développement des OPC (Organisme de placement commun). La gestion d’actifs appelée plus communément gestion de portefeuille, consiste à faire fructifier des
fonds fournis par des investisseurs, qu’ils soient institutionnels (Assurances, Caisses de retraite, Fonds de pension), privés (l’épargne fournie par les ménages) ou encore des entreprises qui cherchent à dégager des excédents de trésorerie (horizon de court terme), ces différents investisseurs ne possèdent pas les mêmes connaissances des marchés et ont des attentes différentes. Ouvrant ainsi la porte à différents types de gestion, nous verrons par la suite que de ces différentes
attentes se caractérise par des rentabilités et des prises de risques différentes. La principale différence dans les types de gestion réside au moment de la décision de l’investisseur qui va opter pour une gestion dite active ou passive.

 

Quelques chiffres
La gestion d’actifs représente à l’heure actuelle 81 billions de dollars on constate une augmentation de 20 billions de dollars entre 2007 et 2018 soit une augmentation de 37%. Il est important de souligner que sur la scène internationale le marché est dominé par des mastodontes comme Blackrock (environ 7300 milliards de dollars d’encours), Vanguard (environ 6200 milliards), qui représente à eux deux environ 16% du marché. La France quant à elle se situe aux alentours de 4100 milliards d’encours sous gestion pour compte de tiers, avec des leaders tels que Amundi, Natixis ou AXA IM.

La gestion active
La gestion active est certainement la plus connue des deux, du fait qu’elle représente l’activité de trading dite « classique », avec des prises de positions sur des valeurs mobilières en fonction d’analyses techniques et financières. Cette gestion a pour but de surperformer un benchmark autrement dit un indice (CAC40, S&P500, Dow Jones, …), cependant étant fondée sur les analyses d’un gérant cette gestion comporte d’avantages de risque qu’une gestion dite passive, du fait que le surplus de risque, réside dans une mauvaise analyse ou appréciation du marché par le gérant.
La gestion active est dotant plus risquée lorsque qu’un choc significatif survient sur le marché, nous avons encore pu le constater durant crise de la COVID-19, où une enquête diligentée par S&P et Morningstar a démontré que la gestion active avait peiné à dégager un surplus de rentabilité face à une gestion indicielle.
Encore majoritaire sur le marché, la gestion active a généré 73.8% de rentabilité contre 63.42% pour la gestion passive sur 8 ans, soit respectivement 7.15% et 6.33% par an (moyenne géométrique).

Le graphique ci-contre va venir étayer nos propos sur la réelle performance d’une gestion active pour un horizon de long terme.

Selon une étude de SPIVA, on peut voir ici qu’en moyenne sur 15 ans 84.7% des fonds sur le marché des actions américaines n’arrivent pas à surperformer le benchmark. La prise de risque est-elle mesurée selon vous ?
La gestion passive
Approfondissons ici, la notion de gestion passive qui nécessite quelques éclaircissements. Contrairement à la gestion active ce mode de gestion ne nécessite aucun arbitrage, il a pour objectif de calquer le benchmark pour profiter de la rentabilité du marché en limitant les prises de risques. Le gérant va donc étudier la composition de l’indice afin de composer son portefeuille grâce à une réplication physique, prenons ici le cas du CAC40 qui à l’heure actuelle est composé de 14.26% de LVMH, 9.21% de L’Oréal ou encore 5.68% de Sanofi, nous n’allons pas préciser l’ensemble des pondérations du CAC40 cependant vous pouvez les retrouver sur le site suivant : (https://www.abcbourse.com/marches/ponderation_cac40)
Une fois le portefeuille du gérant établit, la rentabilité dépendra donc majoritairement de la conjoncture économique nationale, internationale ou du secteur d’activité, de la qualité du marché financier relié à l’indice, et de la situation des entreprises prépondérantes dans la composition de l’indice. Après la prise de risque limitée, le second avantage de cette gestion réside dans le montant des frais de gestion qui est souvent situé en dessous de 0.5% libérant de la rentabilité, contrairement à la gestion active qui elle se situe aux alentours de 1%-2% de frais de gestion. Nous allons aborder la partie suivante avec les organismes de gestion d’actifs et leurs développements lié à la croissance de la gestion passive.

Le développement des OPC
Dans cette partie nous parlerons de trois types d’acteurs sur les marchés financiers, qui sont les SICAV (Société d’Investissement à Capital Variable), les FCP (Fond Commun de Placement) et enfin les ETF (Exchange Trade Funds).
Commençons par faire la distinction entre SICAV et FCP, la différence entre ces deux types de fonds se fait au niveau des statuts juridique, et dans l’obligation publique d’information. En effet, un investisseur choisissant une SICAV devient alors actionnaire de cette société tandis que s’il choisit un FCP, l’investisseur devient co-propriétaire des valeurs mobilières. Concernant la diffusion d’information publique, les SICAV sont tenues de diffuser des informations relatives à leur situation financière, alors que les FCP n’en ont pas l’obligation, cependant il n’est pas rare de les voir publier des informations à titre commercial. En 2019 on recensait 51 374 OPCVM (Organisme de Placement Collectif en Valeur Mobilière, les OPCVM représentent l’ensemble des SICAV et des FCP), pour un total de 54 000 sociétés cotées en bourse soit presque un OPCVM par société cotée.

Le premier graphique permet de démontrer que même si la crise des subprimes en 2008 et la crise de la dette en 2011 ont ralenti la collecte d’actifs sur le marché français, cette dernière a une tendance haussière depuis 2001 avec une évolution de 184% entre 2001 et 2019. Tandis que le second présente l’évolution de l’encours des OPC en Europe entre 2008 et 2019, nous nous occuperons aujourd’hui de l’évolution de l’encours des OPCVMs qui est de l’ordre de 145%Cette augmentation de l’encours implique également la création de nouvelles entités et permet d’observer une augmentation de la confiance des investisseurs dans les marchés, (précision : nous avons utilisez ces deux graphiques pour montrer que la tendance n’était pas que local). Maintenant reste à déterminer vers quel type de gestion vont s’orienter les investisseurs, observera-t-on un basculement de la gestion active vers la gestion passive ?

Le graphique ci-joint retrace l’évolution des actifs sous gestion passive (AUM in index products) de 2007 à 2016, on voit qu’aux Etats-Unis les parts de marché de la gestion passive tendent bientôt à dépasser celle de la gestion active, en Europe on constate un léger retard cependant la tendance est haussière.

Les ETFs
Depuis la crise, les investisseurs cherchent de la rentabilité avec une certaine aversion aux risques, c’est pourquoi on voit l’émergence de nouveaux produits destinés à la gestion passive. Avec un encours total de 5 500 milliards de dollars en 2019 les ETFs ont bousculé la finance, leurs croissances fulgurantes avec environ 7 000 ETFs dans le monde en 2019 permet d’accéder à la gestion passive d’une manière encore plus aisée étant donné, que les ETFs sont directement côté en bourse, ceci signifie qu’ils sont négociables à chaque instant pendant les heures d’ouvertures des places boursières.

Conclusion
Si nous devions conclure notre article de la semaine, nous dirions qu’avec la démocratisation du Trading grâce aux nombreuses applications de e-Trading, il devient de plus en plus facile pour les investisseurs moins aguerris d’investir leurs capitaux sur les marchés financiers en profitant de produits avec des risques maîtrisés. (Attention même si le risque est maîtrisé le capital n’est toujours pas garantit).
En théorie la gestion active promet une rentabilité nettement supérieure à celle du marché, cependant en pratique on voit que peu de fonds arrivent finalement à surpasser le benckmark sur le long terme. La gestion passive a encore de beaux jours devant elle avec ses rentabilités légèrement inférieures à la gestion active en moyenne, mais plus stables. De plus la régulation des marchés rend les prises de risques beaucoup plus compliquées, ce qui peut inciter les gérants à solliciter la gestion passive encore un peu plus.

Bibliographie
– https://www.lesechos.fr/finance-marches/gestion-actifs/la-part-de-marche-de-la-gestion-passive-pourraitatteindre-25-dici-a-2025-148591
– https://www.amf-france.org/fr/actualites-publications/publications/rapports-etudes-et-analyses/chiffrescles-2018-de-la-gestion-dactifs-les-encours-des-societes-de-gestion
– https://www.lesechos.fr/finance-marches/gestion-actifs/le-coronavirus-nouvel-ecueil-pour-la-gestionactive-1217650
– https://argent.boursier.com/epargne/analyses/actions-entre-gestion-active-et-gestion-passive-lecart-estmince-5332.html#:~:text=Il%20en%20ressort%20que%20la,payante%20sur%20ces%208%20ann%C3%A9es.
– https://blog.nalo.fr/gestion-passive/
– https://www.epargnant30.fr/etude-surperformance-de-gestion-active/
– https://www.ifa.com/articles/
despite_brief_reprieve_2018_spiva_report_reveals_active_funds_fail_dent_indexing_lead_-_works/
– https://www.cafedelabourse.com/actualites/top-opcvm-les-plus-performants#:~:text=Le%20site%20Morningstar %20recense%2051,que%20le%20nombre%20d’OPCVM

 

Written on 01/02/2021

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